Par Christophe Dordain et Thierry Le Peut
Comme toute première saison d'une série télévisée, elle permet de mettre en places les différents éléments censés assurer le succès de l'entreprise.
PRESENTATION DE LA SAISON 1
Ainsi, pour la préparation de leurs rôles respectifs, David Soul et Paul Michael Glaser avaient écrit une dizaine de pages chacun. Le but étant d'étayer le profil et le caractère de Hutch et de Starsky. Puis, côté voiture, il était initialement prévu que Starsky conduise une Chevrolet Camero jaune. Toutefois, après l'intervention du service commercial de Ford, il est finalement doté d'un autre véhicule. La célèbre Ford modèle 1975, Gran Torino, rouge et à bandes blanches le long de la carrosserie.

Bref, à l'entame du tournage des premiers épisodes, en juillet 1975, les deux comédiens sont fin prêts. Toutefois, leurs costumes respectifs connaissent eux aussi une rapide mutation. Notamment Starsky qui abandonne son long chandail en laine et son bonnet de marin pour des blousons et une solide paire d'Adidas. Idem pour Hutch qui va adopter des bottes typique des années 1970.
Quant à l'équipe technique, elle évolue à mi-parcours. Tout d'abord, avec l'introduction de Michael Fisher au poste de superviseur des scénarios, dès les épisodes 12 et 13. Une fonction qu'il assumera pendant les quatre années qui suivront. Puis, au même moment, Dick Reilly devient responsable de la post-production. Il le restera jusqu'en 1979.
La production de la première saison s'achève par la réalisation du dernier épisode le 24 février 1976. Il faut alors souligner que le tournage d'une série aux Etats-Unis s'étale de juillet à mars de l'année suivante. L'objectif étant la mise en boîte d'un volume global de 22 à 26 épisodes. Chacun d'entre eux nécessitant environ une semaine de travail.
CRITIQUE DE LA PREMIERE SAISON PAR THIERRY LE PEUT
La première saison de "Starsky et Hutch" reste pour beaucoup la plus intéressante. La fantaisie y est déjà présente. En effet, il suffit pour s'en convaincre de revoir certains épisodes comme "L'appât", où Glaser joue volontiers le guignol dans des frusques pour le moins voyantes. Il existe aussi une complicité évidente entre les deux policiers, à l'image, aux dires de leur entourage, de l'entente entre les deux comédiens. Les histoires font donc la place à des digressions amusantes qui tirent profit de cette complicité, sans pour autant négliger les scénarii.
C'est là où le bât blesse. La série montre une jungle urbaine en proie à la violence, et si la caméra ne montre pas beaucoup de sang en revanche elle dépeint cette violence avec une certaine crudité. Dès le deuxième épisode de la série régulière, "La vengeance du Texan", un homme décide de venger sa femme battue et violée par deux malfrats ; dans "La jalousie du gangster", Hutch est rendu dépendant à la drogue et retrouvé en piteux état dans une ruelle ; dans "Folie furieuse", un cinglé assassine des femmes et entoure leurs corps de fil d'antenne, convaincu qu'il reçoit des ordres venus d'ailleurs.
Toutefois, les audiences, elles, sont alors excellentes avec un indice Nielsen attribuant 22,5 % de parts de marché à la série et propulsant "Starsky et Hutch" à la 16ème place parmi les 30 programmes les plus regardés à l'époque. Il est à noter que plus jamais cela ne se reproduira...