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Salvator et Les Mohicans de Paris : La série

Par Christophe Dordain

"Salvator et Les Mohicans de Paris" avec Robert Etcheverry est la suite du feuilleton "Les Mohicans de Paris". Il faut souligner que ce dernier qui avait passionné le public français lors de sa première diffusion en 1973...

PRESENTATION

Sous le règne de Louis-Philippe, voici les nouvelles aventures de Salvator. Ainsi, celui-ci, après avoir retrouvé son titre et son nom, se trouve mêlé aux complots des Bonapartistes contre le Roi Louis-Philippe. Parce qu'ils sont dominés par leur volonté forcenée de porter au pouvoir un descendant de l'Empereur Bonaparte. Toutefois, le danger vient également du terrible Gibassier...

L'enthousiasme de la presse

"Ca y est : c'est reparti pour un tour. Hier "Les Mohicans de Paris" avait connu un beau succès populaire. Aujourd'hui on en redemande !... Aussi, les deux adaptateurs, André Cerf et René Wheeler, ont-ils prolongé eux-mêmes l'inspiration de l'auteur en concoctant de nouvelles aventures de capes et d'épées pour leur héros Salvator alias Robert Etcheverry. Bref, les grandes amours, les cavalcades, les embuscades et le bras ferraillant..." Ainsi s'exprimait le journaliste-critique Michel Lengliney (dans le Télérama n°1342 en date du 01 octobre 1975) au moment de la diffusion des nouvelles aventures de Salvator.

Robert Etcheverry, la star de l'époque

Au cours d'un entretien avec le comédien vedette avec Michel Lengliney, Etcheverry mettait d'emblée les choses au point : "Une fois de plus, pourvu qu'elle soit de qualité, chaque nouvelle aventure de ce genre me comble de plaisir. Aussi, pourquoi cracher dans la soupe ? En effet, ce serait malhonnête de ma part. Car sur un plateau de tournage, je m'amuse comme un gosse... A cause de cela, on court après des bandits, on pétarade, on sauve la France avec un coeur gros comme ça... C'est merveilleux ! Bref, certains peuvent trouver la démarche puérile. Moi, non."

Alors âgé à l'époque de 37 ans, et déjà héros de plusieurs feuilletons, Robert Etcheverry retrouvait le personnage de Salvator en cet automne 1975. Ainsi, lui qui avait suivi les cours du Conservatoire avait su profiter de l'engouement du public français pour les feuilletons et séries historiques programmés par l'ORTF. Pourtant, on aurait pu craindre qu'il soit enfermé dans le même rôle du chevalier combattant au grand coeur. Toutefois, comme il le confessait dans cette même interview : "Je quittais une étiquette... pour en retrouver une autre : héros sympathique et ferraillant. Mais aujourd'hui les étiquettes m'effraient un peu moins. Par définition, elles sont stupides. En effet, elles se collent et se décollent donc avec la même désinvolture que pour la mode dans le prêt-à-porter. Bref, c'est une question de patience tout simplement."

De la patience, il en aura fallu aux nostalgiques de ce type de programme. Aussi, avec le soutien de Koba Films, le miracle s'était-il enfin produit sous la forme d'une fort belle édition en DVD (c"était en Juin 2011). Pour le plus grand bonheur des téléphiles !

Le contexte de la série

Un dernier mot concernant l'intrigue des nouvelles aventures de Salvator. Parce que le contexte historique est celui du début du règne de Louis-Philippe (1830/1848). Plus précisément celui de l'année 1832. Aussi, le choix de cette période ne constitue-t-il pas un moment de forte tension politique à la différence de la première série "Les Mohicans de Paris" qui se terminait par l'éclatement de la Révolution de février 1830. Or, c'est celle-ci qui devait obliger le roi Charles X à l'exil. Voilà pourquoi, dans cette perspective, les scénaristes de "Salvator et les Mohicans de Paris" ont-ils insisté sur l'intrigue amoureuse se développant entre Salvator et Olympe de Rieul.

En somme, un choix semble-t-il gagnant auprès du grand public et de la critique de l'époque de la première diffusion sur TF1. Notamment si l'on en juge par le témoignage suivant que l'on doit à la critique Jeannick Le Tallec dans Télérama n°1138 : "Je ne suis pas porté spécialement sur les romans de capes et d'épées, mais en voyant les premiers épisodes de ce nouveau feuilleton, je me suis senti une âme de midinette fort sensible aux aventures du séduisant Salvator. Effectivement, les dialogues sont alertes et émaillés de mots d'esprit, de remarques judicieuses qui parfois trouvent un écho en 1975. En résumé, les aventures de Salvator sont suffisamment variées et palpitantes pour tenir constamment en haleine. Quant à la mise en scène de Bernard Borderie, elle apporte elle aussi sa part de rêve et d'émotion."

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Robert Etcheverry et Brigitte Fossey / Copyright : Koba Films Vidéo - Maintenon Films
ROBERT ETCHEVERRY

Robert Etcheverry est décédé le 21 novembre 2007, à Paris, à l’âge de 70 ans. Effectivement, il faisait partie de ce type de comédiens solides comme Sylvain Joubert, très populaires auprès du grand public. Notamment grâce aux nombreuses séries historiques auxquelles il a participé.

Robert Etcheverry était né en 1937 à Colombes (Hauts-de-Seine) dans une famille originaire du pays basque. Puis, il était passé par le Cours Simon avant d’être admis au Conservatoire. Or, si le cinéma peinera à lui trouver des rôles à sa mesure, la situation est bien différente à la télévision. De sorte que Robert Etcheverry pourra s'enorgueillir d'un splendide parcours de vedette de séries et de feuilletons. Bref, un phénomène assez rare en France et qui mérite d'être souligné !

Gorri le diable

Ainsi peut-on se souvenir de lui, de sa silhouette osseuse et de son personnage dans "Gorri le Diable". Voici un feuilleton datant de 1968 et lancé par Jacques Celhay, Roland-Marie Arla et Jean Faurez, où il campait un contrebandier du XIXème siècle entre la France et l’Espagne. Donc, à ses côtés, on retrouvait Danièle Evenou (future "Marie Pervenche") et Arlette Mery dans 13 épisodes s'inscrivant dans la grande tradition du "brigand bien-aimé". En somme, celui qui se livre à la contrebande et suscite sympathie et indulgence de la part du public plutôt que la réprobation. C'est ainsi que "Gorri le Diable" connaîtra un succès tel que ce feuilleton sera rediffusé en 1971, 1977 et 1984 !

Le Chevalier Tempête

Toutefois, c'est dès l'année précédente, en 1967, que Robert Etcheverry avait déjà connu une grande popularité avec le feuilleton "Le Chevalier Tempête", dans le rôle de François Recci, qui avec son fidèle Guillot (Jacques Balutin), lutte contre l'Espagne en 1630 : "...Robert Etcheverry s'y révélait excellent cavalier et bon bretteur et prouvait qu'il était capable de jouer d'autres personnages que les jeunes premiers romantiques dans lesquels la télévsion l'avait cantonné jusqu'alors. Le rôle du fougueux et bondissant Chevalier Tempête lui permit d'ailleurs d'entamer une carrière de héros de feuilletons historiques..." (Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret, Les Feuilletons Histoiriques à la Télévision Française, Huitième art, 1992). Dans "Le Chevalier Tempête", Robert Etcheverry démontrait des qualités bien au-dessus de la moyenne dans les séquences de combats chorégraphiées par le grand Claude Carliez avec lequel il collaborera à nouveau dans les années 70.

Star des années 70

En effet, au cours des années 70, Etcheverry campe également Salvador dans l'adaptation d'un feuilleton en deux époques d'Alexandre Dumas : "Les Mohicans de Paris" sous la direction de Gilles Grangier en 1973, ainsi que la suite "Salvator et Les Mohicans de Paris" sous la direction de Bernard Borderie, cette fois en 1975. Entretemps, le comédien aura incarné Arpad dans le feuilleton "Arpad le Tzigane" en 1973 sous la direction de Christian Jacques. N'oublions pas également "Poly en Espagne" en 1972. Bref, un total de 4 séries majeures de la télévision française pour cette seule décennie ! Qui dit mieux ?

Le cinéma, lui, ne l’aura que très peu employé, souvent dans des rôles de militaires dignes et à grande prestance. Notons enfin que la télévision, une fois de plus, lui donnera l'opportunité de participer à deux nouveaux feuilletons qui ont marqué l'histoire du petit écran hexagonal : "Fachoda" en 1977 et "L’Aéropostale, courrier du ciel" en 1980. Quelle belle et grande carrière, n'est-ce pas ?

 

FILMOGRAPHIE

1961 - La fille du torrent (Hans Herwig)
1964 - La corde au cou / La loutre (Joseph Lisbona)
1971 - La révélation (Alain Lavalle)
1979 - La légion saute sur Kolwezi (Raoul Coutard)
1982 - L’honneur d’un capitaine (Pierre Schoendoerffer)
1983 - S.A.S à San Salvador (Raoul Coutard)
1986 - Châteauroux district (Philippe Charigot)
1989 - Au cœur de la nuit (Patrick Sagnelonge, CM)

 

A LA TELEVISION

1961 - Le Rouge et le Noir (Pierre Cardinal)
1963 - L’Inspecteur Leclerc enquête : La chasse (Claude Barma)
1964 - Pierrot des Alouettes (Henri Spade)
1967 - Le Golem (Jean Kerchbron)
1967 - Le Chevalier Tempête (Yannick Andréi) : feuilleton télévisé français en 04 épisodes de 75 minutes, créé par André-Paul Antoine et Pierre-André Bréal, diffusé du dimanche 01 octobre au dimanche 22 octobre 1967 sur la 2ème Chaîne de l'ORTF.
1968 - Provinces : Flamenca - Languedoc (Abder Isker)
1968 - Gorri le Diable : feuilleton télévisé français en treize épisodes de vingt-neuf minutes, réalisé par Pierre Neurisse et Jean Gourmain, diffusé du samedi 03 août au samedi 26 octobre 1968 sur la 1ère Chaîne de l'ORTF.
1969 - Agence intérim : Dompteur
1970 - Isabelle (Jean-Paul Roux)
1972 - Les Fossés de Vincennes (Pierre Cardinal)
1972 - Les Evasions Célèbres : Le comte de La Valette (Jean-Pierre Decourt)
1972 - Poly en Espagne (Claude Boissol) : un feuilleton télévisé français en 13 épisodes de 13 minutes, en couleurs, créé par Cécile Aubry et réalisé par Claude Boissol, et diffusé à partir du jeudi 02 mars 1972 sur la 1ère Chaîne de l'ORTF.
1973 - Arpad le Tzigane (Guy Saguez, Christian-Jacque & Frank Guthke) : feuilleton télévisé français en 26 épisodes de 25 minutes, diffusé du mercredi 25 avril au samedi 06 octobre 1973 sur la 1ère chaîne de l'ORTF.
1973 - Les Mohicans de Paris (Gilles Grangier)
1974 - Le Deuil sied à Électre (Maurice Cazeneuve)
1975 - Salvator et les Mohicans de Paris (Bernard Borderie)
1977 - Fachoda (Roger Kahane) : mini-série historique en 6 épisodes de 60 minutes réalisée en 1976, diffusée le vendredi à 20 h 30 sur Antenne 2 en mars et avril 1977.
1979 - Charles Clément, Canut de Lyon (Roger Kahane)
1980 - L’Aéropostale, Courrier du Ciel (Gilles Grangier) : mini-série française diffusée par FR3 à raison de quatre épisodes par semaine entre le samedi 13 décembre 1980 et le samedi 3 janvier 1981, en début de soirée.
1981 - La Vie des Autres : Christophe (Gilles Legrand)
1984 - Les Ferrailleurs des Lilas (Jean-Paul Sassy)
1986 - Julien Fontanes, Magistrat : Jamais rien à Coudoeuvre (Roger Kahane)
1988 - La Chaîne (Claude Faraldo)
1989 - Commissaire Moulin : Corvée de bois (Paul Planchon)

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Copyright : Koba Films Vidéo - Maintenon Films
BERNARD BORDERIE

Né le 10 juin 1924 à Paris où il y est décédé le 28 mai 1978, Bernard Borderie a incarné, à sa façon, l'étiquette du bon "faiseur" à la française. Pourtant, il n'a jamais été considéré tel un grand cinéaste. Surtout qu'une partie de sa carrière correspondait à l'émergence des réalisateurs de la Nouvelle Vague. Or, cette dernière vouait aux gémonies des metteurs en scène tels que Bernard Borderie. Ou bien encore André Hunebelle. Là-aussi, une autre incarnation des artisans oeuvrant à cette époque dans le cinéma français.

Sa carrière au cinéma

Fils d'un producteur de cinéma, Raymond Borderie se lance dans la réalisation. Notamment, en 1952, avec "Les Loups chassent la Nuit". Par la suite, il illustre la série des "Lemmy Caution" avec Eddie Constantine. Ou bien encore celle des "Gorille" avec Roger Hanin. Puis, au cours des années 60, il connaît un certain succès populaire avec "Les Trois Mousquetaires" et "Pardaillan". Tous interprétés avec fougue et brio par Gérard Barray. Toutefois, c'est surtout la série des "Angélique", avec Michèle Mercier, qui demeure son plus grand succès au box-office.

Un grand bonhomme du petit écran

Puis, la télévision fait appel à ses services au début des années 70. Certes, à un moment où l'évolution du cinéma français ne lui permet plus de trouver des producteurs pour financer ses projets de films. Pourtant, Borderie réussit brillamment la suite des aventure de Salvator incarné par Robert Etcheverry. En effet, le feuilleton "Salvator et Les Mohicans de Paris" sera un grand succès en 1975.

Suivra alors un autre feuilleton. Voici "Ces Beaux Messieurs de Bois-Doré" avec Georges Marchal. Concrètement, un programme qui est diffusé, entre le 25 décembre 1976 et le 15 janvier 1977 sur Antenne 2. Entretemps, il réalise des épisodes des feuilletons notamment pour "Jo Gaillard" (1975) et "Les Douze Légionnaires" (1976). Enfin, c'est au tour de "Gaston Phébus" avec Jean-Claude Drouot. Finalement, diffusée du 09 au 30 décembre 1978 toujours sur Antenne 2. Mais, une oeuvre télévisuelle dont Bernard Borderie ne verra jamais le résultat final. Parce que malheureusement disparu en mai de cette année-là.

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Copyright : Koba Films Vidéo - Maintenon Films
DISTRIBUTION

Robert Etcheverry (Salvator)
André Valmy (Gibassier)
Brigitte Fossey (Olympe de Rieul)
Danielle Volle (Hortense)
Bernard Giraudeau (Patrice)
Guy Kerner (Jackal)
Jean Martinelli (Louis-Philippe)
Jean-François Poron (Louis-Napoléon) 
Jacques Monod (Le préfet)
Jean Paredès (Harel)
Georges Atlas (Maillochon)
Bernard Lavalette (le préfet Choppin)
Sylvain Levignac (Taureau)
Raymond Loyer (De Permont)
Jean-Paul Tribout (Parisot)
Jean Parédès (Harel)
Bernard La Jarrige (le général Voirol)
Bernard-Pierre Donnadieu (Un officier)
Philippe Dumat (Le directeur de la prison)

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Copyright : Télé 7 Jours
FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Bernard Borderie
Scénario : André Cerf, d’après les personnages d’Alexandre Dumas
Adaptation et dialogues : René Wheler, Maria Benedicto
Musique : Georges Garvarentz
Producteurs délégués : Colette Fleury, Roger Van Mullem
Directeur de production : Paul Billiet
Administrateur de production : Philippe Lagache
Secrétaire de production : Sylvie Pasquet
Scripte : Lily Hargous
Directeur de la photographie : Roger Duculot
1er assistant-réalisateur : Patrick Jaquillard
Cadrage : Roland Bernard, Philippe Simon
Son : Gérard Thain, Jesus Navarro
Décors : Robert Giordani
Costumes : Sylvie de Segonzac
Maquillage : Ctaherine Demesmaeker, Murielle Baurent, Ghyslaine Pignot
Coiffures : Daniel Mourgues
Habilleuse : Myriam Magnan
Régisseur : Georges Combes
Montage : Johnny Dwyre, Madeleine Bibollet, Marie-Christine Dijon, Annie Charrier
Combats et cascades : Claude Carliez
Cascadeurs : Sylvain Levignac, Daniel Vérité
Bruitages : André Naudin, Henri Humbert
Mixages : Jean-Claude Voyeux
Production : Maintenon Films / TF1 (1975)

 

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