Par Christophe Dordain

PRESENTATION
"Arsène Lupin" est une série télévisée qui compte 26 épisodes de 55 minutes. Elle a été créée d'après le personnage de Maurice Leblanc, développée par Jacques Nahum pour l'ORTF. La série a été diffusée du 18 mars 1971 au 16 février 1974 sur la 2ème chaîne de l'ORTF. C'était le jeudi soir à 20h30.
La série "Arsène Lupin" est demeurée présente dans la mémoire des Français surtout par le biais de l’interprétation de Lupin par Georges Descrières. On pourra ajouter ensuite les deux génériques, interprétés par Jacques Dutronc, qui ont largement participé à la popularité de la série. Une critique de la presse concernant justement le générique en question : "Depuis quelques mois, nous admirons des génériques d'émissions particulièrement réussis. Celui, par exemple, de la série "Arsène Lupin" est très beau et très élégant du point de vue du graphisme, avec la silhouette de notre héros en haut de forme et cape se détachant en mouvement sur fond rouge." (Georges Hilleret, 3 avril 1971, Télé 7 Jours).
Ainsi, entre 1971 et 1974, l’acteur Georges Descrières campa-t-il un Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, où le voleur emporta, dit-on, les foules et les cœurs. Il y a bien du vrai là-dedans... Quoique, et vous pourrez le constater en consultant le guide des épisodes ci-dessous, la réception de la série sera parfois plus tiède au fur et à mesure des épisodes diffusés, aussi bien de la part de la critique que du grand public.

DIFFUSION
La série "Arsène Lupin" aura donc bénéficié de multiples rediffusions pendant plus de trente années. On retiendra notamment les suivantes :
- Rediffusion du 26 avril 1975 au 17 avril 1976 sur TF1 dans le cadre de l'émission "Samedi est à Vous", présentée par Bernard Golay.
- Rediffusion de la saison 1 du 9 mai 1977 au 25 juillet 1977 sur Antenne 2.
- Rediffusion de la saison 2 du 22 juillet 1978 au 7 octobre 1978 sur TF1.
- Rediffusion de la saison 2 du 23 mai 1986 au 30 décembre 1986 sur TF1.
- Nouvelle diffusion à partir du 29 septembre 1987 sur La Cinq.
- Nouvelle diffusion du 27 octobre 1988 au 12 mai 1989 sur TF1.
- Nouvelle diffusion du 19 avril 1991 au 18 juin 1991 sur Antenne 2.
- Nouvelle diffusion du 24 juin 1995 au 31 août 1995 sur La Cinquième.
- Nouvelle diffusion du 8 septembre 1997 au 21 octobre 1997 sur France 3.
- Nouvelle diffusion du 12 juin 2021 à juillet 2021 sur TMC.
- Nouvelle et ultime rediffusion en octobre 2021 sur Tv Breizh.

DISTRIBUTION
Georges Descrières : Arsène Lupin, Marthe Keller : comtesse Natacha, Roger Carel : commissaire Guerchard, Yvon Bouchard : Grognard, Henri Virlogeux : Herlock Sholmès, Marc Dudicourt : Wilson (le « cher et fidèle ami » de Sholmès), Jacques Monod : le préfet de police.

Saison I (18 mars au 10 juin 1971)
1.01 - Le Bouchon de cristal
Diffusion le : 18 mars 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : René Wheeler / Réalisation : Jean-Pierre Decourt
Avec : Daniel Gélin (Daubrecq), Nadine Alari (Clarisse), Yves Brainville (le préfet de police), François Chatenay (Gilbert), Jean-Paul Cisife (Albuflex), Nathalie Piel (Aimée).
Avec deux de ses complices, Arsène Lupin cambriole la luxueuse villa du banquier Daubrecq. Alors qu'il se trouve seul dans le jardin, Lupin entend claquer un coup de feu. Il se précipite alors dans la maison où se trouve le cadavre d"un domestique et celui de l'un de ses complices, Sebastiani. Lupin est atterré, car un de ses principes est de ne jamais tuer...
L'avis du public :
- "Comme beaucoup de téléspectateurs, certainement, j'ai lu et relu tous les ouvrages de Maurice Leblanc concernant Arsène Lupin. J'ai donc été effaré de ce qui restait du "Bouchon de Cristal" ! C'est moins que l'ombre d'un maigre résumé qui a été présenté. Ne parlons pas de Daubrecq au comportement absolument faux. Constatons qu'il ne reste plus rien des grandes lignes de l'ouvrage, que les trouvailles de Lupin ne sont pas celles du livre, lequel comporte beaucoup de suspense qu'on ne retrouve plus du tout dans cet épisode." (Mr Alfried, 3 avril 1971, Télé 7 Jours).
L'avis de la presse :
- "Dans l'adaptation du Bouchon de cristal, par quoi débutent les aventures d'Arsène Lupin (jeudi, deuxième chaîne), René Wheeler et Jacques Nahum ont très adroitement condensé le roman de Maurice Leblanc et fait apparaître toutes les caractéristiques du gentleman - cambrioleur, dont Georges Descrières, dans ses métamorphoses, fait une composition appelée, n'en doutons pas, à un grand succès populaire. La réalisation de Jean-Pierre Decourt est alerte, bien rythmée, avec une légère touche de pastiche, et la couleur est très joliment utilisée. Il y a là-dedans un goût et un esprit très français. Nadine Alari est une touchante Clarisse de Mergy et Daniel Gélin compose, derrière les grosses lunettes de Daubrecq, une canaille de grand style." (Jacques Siclier, Le Monde, 22 mars 1971).
- "C'est dans un climat délicieusement désuet qu'Arsène Lupin, le fameux gentleman-cambrioleur, héros imaginé par Maurice Leblanc, au début du siècle, vient de faire son apparition à la télévision. Georges Descrières est très à son aise dans ce personnage aux multiples métamorphoses, accompagné de son fidèle valet, Grognard, interprété par le comédien canadien Yvon Bouchard. L'épisode Le bouchon de cristal était peut peut-être d'un rythme un peu mou. Mais, nul doute que les suivants gagneront du mordant, car on connaît le grand talent de René Wheeler. A noter, la savoureuse caricature d'un vilain personnage par Daniel Gélin." (Georges Hilleret dans Télé 7 Jours, numéro 570, 27 mars 1971).
1.02 - Victor, de la Brigade mondaine
Diffusion le : 25 mars 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Claude Brulé / Réalisation : Jean-Pierre Decourt
Avec : Marthe Keller (Natacha), Bernard Lavalette (Le préfet), Jean Marconi (Le commissaire), Jean Berger (Le ministre de l'Intérieur), Pierre Massimi (Bressacq).
Dix mille bons de la défense ont été dérobé en plein jour dans une banque. Après ce vol d'une audace inouïe, le ministre de l'Intérieur et le préfét de Police décident de tout mettre en oeuvre pour arrêter Arsène Lupin, le gentleman-cambrioleur dont on parle tant...
L'avis de la presse :
- "Victor, de la brigade mondaine était bien meilleur que le précédent épisode et la belle Marthe Keller a dû séduire tous les téléspectateurs. Evidemment, l'adaptation pour la télévision ne retient que les très grandes lignes de l'oeuvre de Maurice Leblanc. Mais l'essentiel de l'esprit des aventures de Lupin reste." (Georges Hilleret, 3 avril 1971, Télé 7 Jours).
1.03 : Arsene Lupin contre Herlock Sholmes
Diffusion le : 1 avril 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Claude Brulé / Réalisation : Jean-Pierre Decourt
Avec : Raymond Gérome (Le préfet de Police), Henri Virlojeux (Herlock Sholmes), Marc Dudicourt (Wilson), Charles Millot (Raoul Dautrec).
Dautrec, un riche banquier, très antipathique et abusant de son pouvoir, surtout auprès des femmes, est retrouvé assassiné, chez lui, peu de temps après avoir acheté un diamant royal d'une valeur inestimable. Le préfet de police fait alors appel à Herlock Sholmes et son adjoint pour résoudre cette énigme...
1.04 - L'Arrestation d'Arsène Lupin
Diffusion le : 8 avril 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Claude Brulé / Réalisation : Jean-Pierre Decourt
Avec : William Sabatier (Gournay-Martin), Robert André (Rozaine), Georges Douking (Le Baron Cahorn), Christian Duroc (Raverdan), Bernard Charlan (Le directeur du journal), Jacques Hilling (Le préfet de Police), Ayala Gryman (Madame Mandrin), Edith Loria (La princesse Rivolta), Jacques Provins (Aristide), Roger Rudel (Le directeur de la prison).
Se faisant passer pour Bernard d'Andrézy, Arsène Lupin se rend à une réception chez Gournay-Martin, le richissime propriétaire d'une marque de champagne. Tandis que les invités admirent les milliers de bouteilles, le singulier d'Andrézy fait d'étranges marques à la craie le long des murs...
L'avis du public :
- "Si j'avais quatre mains, c'est à quatre mains que j'applaudirais le feuilleton "Arsène Lupin". Pourquoi faire des comparaisons ? Qu'importe si le feuilleton ne ressemble en rien au livre de Maurice Leblanc, puisque tel quel, il nous ravit, tant par ses décors que par ses personnages. Et puis, l'esprit Arsène Lupin domine, malgré tout. Nous sommes dans l'action, et cela nous étonne de nous retrouver dans un fauteuil lorsqu'apparaît le mot : fin." (Madame Bellus, Télé 7 Jours, 17 avril 1971).
L'avis de la presse :
- "Cet épisode, par son humour, ses invraisemblances folles et poétiques, comptait parmi les meilleurs de la série. Nous sommes, ici, à l'opposée du policier d'un réalisme appliqué : c'est l'insolence élégante et l'imagination débridée que met très bien en valeur la mise en scène souple et aérée de Jean-Pierre Decourt. Une réussite." (Georges Hilleret, 17 avril 1971, Télé 7 Jours).
1.05 : L'Agence Barnett
Diffusion le : 15 avril 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Claude Brulé / Réalisation : Jean-Pierre Decourt
Avec : Jacques Balutin (Inspecteur Béchoux), Roger Carel (Guerchard), Teddy Bilis (Gassire), Yves Bureau (Vernisson), Léonce Corne (Rendu), Jacques Mauclair (Le baron), Sylvia Saurel (Clothilde), Michelle Bardollet (Olga), Monique Tarbès (Berthe).
Barnett, détective privé, vient d'acheter le journal et découvre qu'on a volé le trésor du roi Dagobert. Cette affaire l'intéresse d'autant plus que l'inspecteur Béchoux le soupçonne d'être l'auteur du vol et de cacher, sous le personnage de Barnett, l'identité d'Arsène Lupin...
L'avis de la presse :
- "Dans la série "Arsène Lupin", l'Agence Barnett était, jeudi soir, le dernier des cinq épisodes réalisés en France par Jean-Pierre Decourt. A partir de la semaine prochaine, Lupin poursuivra sa carrière dans les télé-films réalisés en Allemagne, Autriche, Belgique, Hollande, Italie, Suisse (huit en tout), prouvant ainsi sa célébrité au-delà de nos frontières. Nous pouvons donc déjà faire un bilan de cette partie de la série qui représente en fait une œuvre très cohérente dans sa conception, son esprit et son style. Sur les cinq épisodes, deux, le Bouchon de cristal et Victor, de la brigade mondaine, sont tirés des romans, les trois autres, Arsène Lupin contre Herlock Sholmes, l'Arrestation d'Arsène Lupin et l'Agence Barnett, sont tirés, en chaque cas, de diverses nouvelles très habilement reliées ensemble pour former une histoire continue, Arsène Lupin et son univers n'ont pas été trahis. Les adaptateurs, Jacques Nahum et René Wheeler, d'une part, Claude Brulé, d'autre part (qui a fait de Natacha, dans trois épisodes, une compagne de Lupin inspirée de plusieurs figures féminines dispersées chez Maurice Leblanc), ont su faire apparaître l'essentiel de la mythologie lupinienne : le double aspect du gentleman-cambrioleur et du justicier qui emprunte parfois le masque du policier officiel et du détective privé, l'ironie frondeuse à l'égard des institutions, le goût de la mise en scène et de la mystification qui donne à Lupin, sans qu'il fasse usage de la violence, son allure invincible. D'un épisode à l'autre, la réalisation de Jean-Pierre Decourt s'est remarquablement accordée à cette mythologie par son rythme, son sens du suspense, des détails caractéristiques et de l'ellipse, une légèreté de ton où l'on peut retrouver une équivalence du style de Maurice Leblanc. Quant à Georges Descrières, il incarne parfaitement ce personnage qui joint à la gouaille populaire le snobisme mondain, le cynisme du " voleur de riches " au panache du redresseur de torts. Individualiste, anarchiste sur les bords, astucieux et séduisant, toujours moralement supérieur à ses adversaires, entouré de jolies femmes qui viennent de tous les milieux, Arsène Lupin est depuis la Belle Époque le héros français par excellence. La réussite de ce feuilleton est de lui avoir redonné, à travers une imagerie en couleurs très plaisante et pittoresque, sa force d'archétype romanesque." (Jacques Siclier, Le Monde, 17 avril 1971).

1.06 - La Demoiselle aux yeux verts
Diffusion le : 22 avril 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Alexandra Becker, Rolf Becker, Albert Simonin / Réalisation : Dieter Lemmel
Avec : Kathrin Ackermann (Lady Dora Bakefield), Hans Hermann Schaufuß (Professeur Dohm), Josef Fröhlich (Dobritzky), Alexander May (Bauman), Manfred Seipold (Gabriel), Suzanne Beck (Aurélia), Philippe Dumat (Le chef de triage).
Au casino de Baden Baden, Arsène Lupin rencontre une ravissante anglaise Dora. Celle-ci, le reconnaissant, se fait une gloire de lui voler son portefeuille. Piqué au vif, il décide de la suivre dans le train. Au cours de ce voyage, ils sont attaqués et Arsène Lupin retrouve une jeune fille aux yeux verts, rapidement aperçue à Baden Baden. Mais cette dernière est soupçonnée de meurtre...
L'avis de la presse :
- "Le charme est rompu, et les aventures farfelues et poétiques du gentleman-cambrioleur se sont emberlificotées en passant la frontière de la co-production allemande. Tout cela était laborieux et pesait quinze tonnes. Comme c'est dommage ! En faisant d'Arsène Lupin un Bibi Fricotin redresseur de torts et défenseur de l'orphelin (dont il reçoit, comme c'est laid, récompense financière pour ses services), nous sommes loin de l'élégance naturelle du gentil héros forgé par Maurice Leblanc. Ici encore, attendons la suite. Mais nous avons bien peur qu'Arsène Lupin, produit national français, ne se détériore en voyageant. Il ne peut s'ébattre que dans l'air de Paris". (Georges Hilleret, 30 avril 1971, Télé 7 Jours).
1.07 - La Chaîne brisée
Diffusion le : 29 avril 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Albert Simonin / Réalisation : Paul Cammermans
Avec : Sjoukje Hooymaayer (Hélène), Sjef van Leeuwen (Welp), Fons Rademakers (Mullen), Paul Storm (Hofner), Marja Goud (Claudia), Steye Van Brandenberg (Marco), Eric Van Der Donk (Stock), Ben Monilo (Broek), Ton Vos (Witt).
Dans le port d'Amsterdam, on retrouve dans une malle un homme drogué et des documents scientifiques, ultra-secrets. Les autorités font alors appel à Arsène Lupin pour trouver l'origine des fuites et démanteler l'organisation qui en bénéficie...
1.08 - La Femme aux deux sourires
Diffusion le : 6 mai 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Albert Simonin / Réalisation : Marcello Baldi
Avec : Raffaella Carrà (Antonina-Clara), Nerio Bernardi (Marquis Belmonte), Pasquale Coletta (Anselmo), Giuseppe Lauricella (Commissaire Gorgone), Victorio Sanipoli (Peppino), Nietta Zocchi (Carlotta).
Arsène Lupin a pris l'identité d'Arthur Lodin, artiste-peintre, et vit à Rome, non loin du riche marquis Belmonte. Un jour, il reçoit la visite d'une jeune fille qui déclare qu'elle doit déposer une lettre chez Belmonte, mais qu'elle s'est trompée d'étage. Juste derrière elle, arrive le commissaire Gorgone, qui la recherche, prétendant qu'il s'agit du complice du célèbre bandit Peppino. Lupin, qui a caché la jeune fille, dirige alors le commissaire vers une fausse piste...
L'avis de la presse :
- "Lupin en Italie : un pastiche plein d'humour de nos voisins qui savent rire d'eux-mêmes avec un argument d'opéra : une belle chanteuse, un père noble, un séducteur généreux, un romantisme brûlant." (Georges Hilleret, 15 mai 1971, Télé 7 Jours).
1.09 - La Chimère du calife
Diffusion le : 13 mai 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Albert Simonin, Rolf Becker, Alexandra Becker / Réalisation : Dieter Lemmel
Avec : Date de première diffusion : 13 mai 1971
Avec : Manfred Heidmann (Docteur Oliver Prede), Bernd Schäfer (Robertson), Gunnar Moller (Fox), Signe Seidel (La baronne Mathilda), Tilo von Berlopsch (Baron von Augstadt).
Dès leur arrivée à Ungoldingen, Fox, le célèbre détective londonien et son ami Robertson se rendent chez le baron Von Augstadt, victime d'un vol de bijou. Tandis que le baron leur raconte les circonstances du vol, la baronne a un rendez-vous secret dans un musée avec Arsène Lupin. Elle lui confie alors qu'elle est victime d'un chantage...
L'avis de presse :
- "Lupin est-il toujours Lupin ? La question se pose depuis trois semaines (jeudi, deuxième chaîne) avec les épisodes tournés en Allemagne, en Hollande et en Italie. Georges Descrières reste bien le personnage de Lupin, mais le ton et l'atmosphère des romans de Maurice Leblanc ont disparu d'adaptations qui ont voulu taire entrer de force dans des cadres étrangers la Demoiselle aux yeux verts (une trahison), une histoire d'espionnage inventée (la Chaîne brisée) et la Femme aux deux sourires, qui, malgré une relative fidélité d'intrigue, est dépaysée à Rome. Au style bien personnel de Jean-Pierre Decourt s'est substituée une technique industrielle. On retrouve là l'erreur des coproductions qui, à l'exemple du cinéma commercial, veulent " européaniser " un sujet ou une œuvre dont les qualités nationales typiques ont tait le succès. Maurice Leblanc et Arsène Lupin sont exportables justement en tant qu'expressions mythiques d'une certaine littérature populaire française qui a pris valeur universelle. Semer des miettes du mythe dans chaque pays producteur revient à le banaliser pour en taire un produit de consommation façon " Marché commun ". Tout en déplorant cette banalisation, il faut rester attentif à la série en espérant qu'elle apportera encore de bonnes surprises." (Jacques Siclier, Le Monde, 10 mai 1971).
- "Un épisode très réussi où Georges Descrières doit battre son record personnel de transformation à vue." (Georges Hilleret, 22 mai 1971, Télé 7 Jours).
1.10 - Une femme contre Arsène Lupin
Diffusion le : 20 mai 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Jacques Armand / Réalisation : Tony Flaadt
Avec : Juliette Mills (Maria Bonatti), Louis Arbessier (Docteur Fisher), François Simon (Aldo Bonatti), Lucie Avenay (Gouvernante), Tiziane Feroldi (Le commissaire), Marisa Traversi (Mademoiselle Nelly), Enrico Schnorf (Blaner), Bruno Vilar (Ludwik).
Un gang de voleurs de bijoux écume la riche ville de Saint-Moritz. Les bijoux sont d'abord photographiés puis on en fait des copies que l'on substitue ensuite aux vrais bijoux volés. Une jeune femme, victime du krach boursier et désirant vendre ses diamants qui ne sont plus que des faux, met au jour l'escroquerie. De plus, la photographe impliquée dans l'affaire est assassinée. Quelques mois plus tard, la police étant impuissante, les compagnies d'assurance font donc appel à Arsène Lupin...
L'avis de la presse :
- "Le réalisateur, Tony Flaadt, s'est servi du décor régional et de la neige pour créer une atmosphère étrange autour de Lupin et de la jeune journaliste Maria Bonatti, d'abord son adversaire, puis sa protégée. S'il y a ici plus de mystère que d'humour, c'est en vertu de leurs rapports, finement suggérés, et de l'intrigue criminelle. Dans un registre différent, Tony Flaadt se révèle, tout autant que Jean-Pierre Decourt, fidèle à Maurice Leblanc et à la mythologie lupinienne. Le cambriolage nocturne avec une machine effrayante, la jeune tille qui sort de son évanouissement pour trouver sur ses genoux une boîte de chocolat contenant le diamant rose, les tentatives d'assassinat, autant de séquences bien conduites dans un style élégant. Cette réussite nous console des précédentes déceptions. Auprès de Georges Descrières, Lupin plus mûr et plus grave que d'habitude, Juliette Mills se montre une comédienne très attachante dans la séduction comme dans la fragilité." (Jacques Siclier, Le Monde, 22 mai 1971).
1.11: Les Anneaux de Cagliostro
Diffusion le : 27 mai 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Albert Simonin, Rolf Becker, Alexandra Becker / Réalisation : Wolf Dietrich
Avec : Christine Buchegger (Tamara), Hans Holt (Ludwig van Neydegg), Kitty Speiser (Georgine Neydegg), Hans Jaray (Baron Von Ordosczy), Otto Ambros (Professeur Corcoran), Guido Wieland (Kovacek), Claude Bertrand (Szepan), Oswald Fuchs (Julius), Ossy Kolmann (Toni).
Un congrès de la science des trésors attire à Vienne Arsène Lupin déguisé en vicomte Raoul d'Andrézy, sa rivale de toujours la comtesse Tamara, une jeune journaliste Georgin Neydegg et un célèbre professeur irlandais Corcoran qui doit faire une conférence sur le trésor de Cagliostro. Pendant l'exposé de Corcoran, la lumière s'éteint soudainement...
1.12 - Les Tableaux de Tornbüll
Diffusion le : 3 juin 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Albert Simonin, Rolf Becker, Alexandra Becker / Réalisation : Dieter Lemmel
Avec : Hubert Mittendorf Mark), Corny Collins (Gabriela), Kathrin Ackermann (Lady Dora Bakefield), Alexander Hegarth (Stefan von Tornbüll), Katren Gebelein (Luise Nipplein), Walter Bluhm (Graf von Tornbüll), Friedrich-Georg Beckhaus (Docteur Nipplein), Marlene Rahn (Susi), Imo Heite (Joe).
Le château de Tornbüll est le centre d'une fiévreuse activité touristique. Cela ne plaît guère à son propriétaire surtout que, parmi les touristes, figure un homme à l'allure de gangster. Le comte est donc inquiet pour sa collection de tableaux...
L'avis du public :
- "Décidément ces Arsène Lupin suisses, allemands ou autrichiens, ce n'est plus possible ! C'était jusqu'à présent un feuilleton formidable, mais maintenant c'est devenu la corvée du jeudi ! N'y a-t-il pas chez nous des réalisateurs capables de faire aussi bien que des metteurs en scène étrangers ? On se demande même pourquoi on a choisi un acteur français pour jouer le rôle de Lupin ! On aurait aussi bien fait de prendre un comédien allemand, suisse ou autrichien..." (Mr Thibault, Télé Poche, 9 juin 1971).
1.13 - Le Sept de cœur
Diffusion le : 10 juin 1971 sur la 1ère chaîne de l'ORTF
Scénario : Nathan Grigorieff / Réalisation : Jean-Louis Colmant
Avec : Janine Patrick (Paula), Roger Dutoit (Andermatt), Raoul de Manez (Maurice Leblanc), Etienne Samson (Varin), Raymonde Sartene (Madame Simonard), Rhya Marten (Moune).
Maurice Leblanc, l'auteur de la série Arsène Lupin, se trouve à Bruxelles pour un reportage. Il fait alors la rencontre d'un séduisant jeune homme appelé Jean d'Aspy...
L'avis de la presse :
- "Il est parti en beauté avec cet épisode, dans une mise en scène très réussie du réalisateur belge Jean-Louis Colmant, qui avait réuni, autour de Georges Descrières, une excellente équipe de comédiens bruxellois (...) Nous reverrons à l'automne Arsène Lupin : la série des treize premiers épisodes a connu quelques légères faiblesses, de loin en loin, mais, dans l'ensemble, elle a été une des meilleures produites par la télévision. Il était juste de le dire en conclusion." (Georges Hilleret, Télé 7 Jours, 19 juin 1971).
