Par Thierry Le Peut
"Mission casse-cou" ("Dempsey and Makepeace") est une série policière britannique diffusée entre 1984 et 1986 au Royaume-Uni. Mêlant action, humour et choc des cultures, elle est portée par Michael Brandon dans le rôle du Lieutenant Dempsey et Glynis Barber dans celui du Sergent Makeapeace. Cette série s’impose donc comme un classique du petit écran…

Une série d'action spectaculaire
Diffusée dès le 17 mai 1986 sur FR3, "Mission casse-cou" fait depuis partie de ces séries qui ont vite connu une popularité certaine sans être pour autant... américaine. En effet, fondée sur l’opposition de deux héros de sexe et de culture différents, elle évoque d’emblée un autre succès venu d'Angleterre : "Amicalement Vôtre". Toutefois, l'ensemble est par ailleurs revu et corrigé à la sauce romantico-policière en vogue dans les années quatre-vingt (ne serait-ce qu’avec "Remington Steele" et "Clair de Lune", deux succès populaires de l’Oncle Sam).
Produite en 1983 par la très honorable London Weekend Television, "Mission casse-cou" a donc débarqué en France sur la troisième chaîne. C'était le samedi en deuxième partie de soirée à la place de "Dynastie", alors le « blockbuster » de feu FR3. Même si Christophe Petit écrit dans le guide Totem des séries télé que la série « repose à peu près uniquement sur ce gimmick déjà maintes fois utilisé », à savoir le choc des cultures, le « clou » du show est ailleurs, comme le souligne Jean-Jacques Jelot-Blanc dans son Télé Feuilletons (page 374) : les cascades ! A ce sujet, la consultation de la fiche technique présentée ci-dessous est édifiante. Les spécialistes du genre ont été massivement sollicités pour les nombreuses scènes d'action que comporte la série "Mission casse-cou".

Un duo emblématique : Dempsey et Makepeace
Dès le pré-générique du téléfilm pilote, intitulé « Un homme dangereux », on comprend que le Lieutenant Jim Dempsey, de la police de New York, n’est pas un enfant de choeur. Ainsi, tel son son collègue de la Côte Ouest Harry Callahan, dit le Salaud, il joue du revolver avec autant de facilité que "Starsky et Hutch". En somme, il brandit sa virilité de tough guy (le genre hard boiled, ou dur à cuire, des privés style Mike Hammer) au bout de son canon. Les épisodes usent donc d’une violence parfois extrême. Le tout est ensuite agrémenté de cascades réglées avec minutie. Par exemple, du classique saut d’un avion en vol aux courses effrénées sur les toits, les routes ou... la Tamise.
Car l’action se déroule à Londres, où notre flic new-yorkais a été muté contre son gré. Mais c'est pour sa sécurité ! Parce qu'il a mis le doigt sur la corruption de ses supérieurs (le syndrome "Serpico"). Là, il est contraint de faire équipe avec une femme flic issue de l’aristocratie britannique. Celle-ci est suavement rebaptisée « Makepeace » (faites la paix). Nous deux héros sont alors sous la houlette d’un superintendant grincheux. En effet, celui-ci ne peut pas voir en peinture ces « sales yankees ». En résumé, dans le genre clash culturel, c’est sûr, on ne fait pas mieux.

Le duo Dempsey et Makepeace, un choc des cultures
Mais justement ! La violence crue des deux protagonistes masculins, déclinée sur deux modes différents (l’un a la rudesse des quartiers populaires de New York, l’autre celle d’un self made man à l’anglaise), fait mieux ressortir la distinction du seul personnage féminin. Voilà qui donne à la série son ton volontairement cru. Une atmosphère aux antipodes de la comédie romantico-policière mise en scène dans les deux séries US précitées ("Clair de Lune" et "Remington Steele", sans oublier leur petite soeur "Les Deux font la paire").

Pourquoi Mission casse-cou reste culte ?
Finalement, "Mission casse-cou", tout en orchestrant sur ses trente et un épisodes le rapprochement « contre nature » mais évidemment attendu des deux héros, a l’efficacité de la série "Les Professionnels". Celle qui fut produite par Brian Clemens. Cependant, sans le côté excessivement caricatural des "Nouveaux Professionnels" du même producteur. Bref, la série "Mission casse-cou" relève du bon divertissement. Le type de production qui, finalement, ne se prend pas la tête.
Conclusion
Plus de quarante ans après sa diffusion, "Mission casse-cou" ("Dempsey and Makepeace") demeure ainsi une référence incontournable de la série policière britannique. Portée par l’alchimie évidente entre Michael Brandon et Glynis Barber, la série a su imposer un modèle efficace mêlant action spectaculaire, humour et opposition de caractères.
Symbole d’une époque où les productions télévisées privilégiaient encore les tournages en décors réels et les cascades sans artifices numériques, elle incarne parfaitement l’énergie des séries des années 1980. Son ancrage dans un Londres à la fois réaliste et stylisé, ainsi que son rythme soutenu, continuent de séduire les amateurs du genre.
Aujourd’hui encore, "Mission casse-cou" s’impose comme une œuvre culte, régulièrement redécouverte par de nouvelles générations de téléspectateurs. À la croisée du polar et du divertissement pur, elle reste un jalon intéressant dans l’histoire des séries télévisées européennes.

MISSION CASSE COU : NOTRE PODCAST A ECOUTER

FICHE TECHNIQUE
Producteurs : Tony Wharmby, Ranald Graham
Producteurs exécutifs : Lynda Ostermeyer, Nick Elliott
Musique : Alan Parker
Supervision de la production : Peter McKay, David Fitzgerald
Coordination de la post-production : Lois Singer, Ruth Tester-Brown
Régisseurs : Dave Currie, Martin Bond, Brian Kelly, Nigle Payn
Distribution des rôles : Anthony Arnell, Lesley Weeks
Directeurs de la photographie : Mike Humphreys, Tony Mander, Geoff Harrison
Opérateurs caméra : Paul Godfrey, John Simmons, Paul Hennessy, Mike Humphreys
Décors : Colin Monk, Mike Oxley, Rae George, Rodney Cammish, Gordon Melhuish, James Dillon, Liz Ashard, Anna Glyn
Costumes : Robin Pidcock, Sue Born-Thompson, Sue Formston, Frances Tempest, Penny Lowe
Supervision du montage : Ray Helm
Assistante au montage : Geraldine Phillips
Montage : Ray Weedon, Paul Hudson, Ray Helm, Frank Webb, Derek Bain, Tony Webb
Maquillage : Pauline Boulton, Margaret Palphramand, Lyn Evans, Marella Shearer
Assistants à la réalisation : Bill Challoner, John Quilty, Graeme Perry, David Brown, Edward Brett, Sue Cowling, David Brown, Nigel Payn, Edward Bratt
Effets spéciaux : John Fontana, Tom Harris
Coordinations des cascades : Roy Alon
Cascadeurs : Greg Powell, Jonathan linsley, Elaine Ford, Colin Skeaping, Marc Boyle, Sue Crosland, Graeme Crowther, Terry Forrestal, Richard Hammatt, Alf Joint, Wayne Michaels, Valentino Musetti, Doug Robinson, Chris Webb, Bill Weston, Paul Weston, Steve Whyment, Tom Delmar, Jason White, Dinny Powell, Terry Cade, Eddie Kidd, Terry Walsh, George Lane Cooper, Simon Crane, Eddie Stacey, Terence Plummer, Terry Yorke, Nick Hobbs, Peter Brace, Andy Bradford, George Leech, Rocky Taylor
Repérages : Brian Kelly, Malcolm Treen, Peter Pearson, Nigel Payn, Peter Cotton, Dave Currie, Kevin Holden
Production : London Week-end Television (1983/1986)
